Pourquoi mieux se connaître est un vrai levier de différenciation

Quand on lance ou développe son entreprise, on travaille généralement beaucoup de choses : son offre, ses prix, sa cible, son positionnement, son identité visuelle, son site, sa communication, sa stratégie commerciale…

Mais il y a une dimension que beaucoup d’entrepreneurs oublient encore de travailler : eux-mêmes !

Et pourtant, particulièrement lorsqu’on est indépendant ou dirigeant d’une TPE ou d’une PME, il est difficile de construire une marque forte sans mettre de soi dedans.

Votre parcours, votre vision du métier, vos convictions, votre façon de travailler, vos talents naturels… tout cela influence votre entreprise. Et c’est même souvent là que se trouve ce qui pourra réellement vous différencier.

Le problème, c’est qu’on ne peut pas mettre consciemment de soi dans son business si on ne sait pas vraiment qui l’on est.

Alors avant de chercher ce que vous allez montrer, il faut commencer par enquêter sur ce qui mérite d’être montré. C’est cette matière qui permettra ensuite de construire une marque singulière (oui vous êtes une marque même si vous êtes seul), plutôt qu’une énième marque qui reprend les mêmes codes et les mêmes promesses que son marché.

Pourquoi votre personnalité a sa place dans votre business

Il y a encore quelques années, on distinguait beaucoup plus facilement la marque de la personne qui se trouvait derrière.

Aujourd’hui, cette frontière est beaucoup plus poreuse, et elle l’est encore davantage pour les indépendants et les petites entreprises.

Vos clients n’achètent pas uniquement ce que vous faites. Ils choisissent aussi votre manière de le faire et pourquoi vous le faites (cf les fameux « why » et cercle d’or de Simon Sinek !).

Deux consultants peuvent proposer exactement la même prestation sur le papier et pourtant offrir deux expériences totalement différentes. Deux photographes peuvent avoir le même niveau technique et avoir un style à l’opposé. Deux architectes peuvent répondre au même besoin avec des visions complètement différentes de leur métier.

C’est là que votre singularité devient intéressante. Et mettre de soi dans son business ne veut pas forcément dire raconter sa vie sur les réseaux sociaux.

Cela signifie plutôt faire des choix cohérents avec qui vous êtes : dans votre positionnement, vos offres, votre manière de travailler, votre discours, votre identité visuelle, vos contenus, votre relation client…

Votre personnalité devient alors une matière stratégique.

Mais encore faut-il savoir quoi en faire.

Se connaître ne signifie pas simplement faire une liste de qualités

« Je suis créative, empathique, passionnée et perfectionniste. » Très bien, mais pas suffisant pour construire votre stratégie de marque.

L’introspection n’a d’intérêt que si elle permet ensuite de faire des choix.

Le but n’est donc pas d’accumuler des tests de personnalité ou de trouver quinze adjectifs qui vous décrivent. Il est de chercher ce qui, dans votre personnalité, votre parcours et vos convictions, peut réellement nourrir votre entreprise.

Pour commencer cette enquête, je vous conseille notamment d’explorer trois dimensions : votre raison d’être, votre zone de talents et vos valeurs profondes.

1. Votre raison d’être : comprendre ce qui vous fait vraiment avancer

Votre raison d’être répond à une question qui paraît simple :

Pourquoi faites-vous ce que vous faites ?

Pas « pour gagner ma vie », évidemment. Et pas nécessairement non plus pour « changer le monde ».

Votre raison d’être est ce qui donne du sens à votre activité au-delà du produit ou du service que vous vendez.

Pour la trouver, vous pouvez vous demander :

  • Qu’est-ce qui vous anime profondément dans votre métier ?
  • Quel changement aimez-vous provoquer chez vos clients ?
  • Qu’est-ce qui vous met en colère ou vous frustre dans votre secteur ?
  • Pourquoi avez-vous choisi de faire ce métier de cette manière ?
  • Qu’aimeriez-vous contribuer à changer, même à votre échelle ?

Regardez également votre parcours : il existe en réalité un fil rouge entre des expériences et évènements qui semblaient pourtant très différents.

Peut-être avez-vous toujours aimé rendre les choses compliquées plus simples. Faire prendre confiance aux autres. Créer de la beauté. Réparer ce qui fonctionne mal. Donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Faire gagner du temps. Transmettre. Créer du lien…

Ce fil rouge peut devenir extrêmement puissant dans votre marque.

Parce qu’une fois votre raison d’être clarifiée, vous ne dites plus seulement ce que vous faites. Vous commencez à faire comprendre pourquoi votre manière de le faire est différente.

2. Votre zone de talents : identifier ce que vous faites naturellement mieux que les autres

C’est probablement l’un des exercices les plus difficiles à faire seul.

Pourquoi ? Parce que nous avons tendance à sous-estimer précisément ce que nous faisons le mieux.

Ce qui nous paraît facile nous semble banal. Vous pensez peut-être : « Tout le monde sait faire ça ». C’est faux !

Votre zone de talents se situe souvent à la croisée de plusieurs éléments : ce que vous faites particulièrement bien, ce que vous aimez faire et ce que les autres reconnaissent chez vous.

Pour commencer à l’identifier, posez-vous quelques questions :

Qu’est-ce qui vous semble étonnamment facile ? Qu’est-ce que vous faites rapidement alors que d’autres semblent y passer des heures ?

Pour quoi vient-on spontanément vous demander de l’aide ? Dans votre cadre professionnel mais aussi personnel.

Quels compliments recevez-vous régulièrement ? Et surtout : lesquels avez-vous tendance à balayer d’un « oui, mais ça, ce n’est rien » ?

À quels moments êtes-vous complètement absorbé par ce que vous faites ? Ces moments où vous ne voyez pas le temps passer donnent souvent de bons indices (on appelle ça le « flow »).

Vous pouvez également interroger vos clients, vos collaborateurs ou vos proches. Demandez-leur simplement : « Selon vous, qu’est-ce que je fais particulièrement bien et qui n’est pas si évident pour les autres ? »

Les réponses peuvent être surprenantes.

Votre zone de talents ne deviendra pas forcément votre métier en tant que tel. Elle peut surtout définir votre manière unique d’exercer votre métier.

3. Vos valeurs profondes : celles qui guident vos choix

Les valeurs sont probablement l’un des sujets les plus galvaudés dans les plateformes de marque.

On retrouve partout : Bienveillance. Excellence. Authenticité. Innovation.

Le problème n’est pas que ces valeurs soient mauvaises. Le problème, c’est qu’une valeur qui pourrait appartenir à n’importe quelle entreprise ne permet pas de comprendre grand-chose à la vôtre.

Une vraie valeur doit être précise, expliquée, et avoir des conséquences.

Elle doit influencer votre manière de travailler, les clients que vous acceptez, les projets que vous refusez, vos prix, votre organisation ou votre communication.

Autrement dit : une valeur devient intéressante lorsqu’elle vous oblige parfois à renoncer à quelque chose.

Si vous dites que la liberté est fondamentale pour vous mais que vous construisez une entreprise qui vous oblige à être disponible pour vos clients sept jours sur sept, il y a une incohérence.

Si vous dites valoriser la transparence mais que vous évitez certains sujets par peur de déplaire, même chose. Pour identifier vos valeurs profondes, partez de situations concrètes.

Demandez-vous :

Qu’est-ce qui est non négociable pour moi ?

Qu’est-ce qui peut réellement me mettre en colère ?

Qu’est-ce que j’admire profondément chez les autres ?

Quelles décisions difficiles ai-je déjà prises parce que quelque chose me semblait plus important que l’argent, le confort ou l’approbation ?

C’est souvent là que vos vraies valeurs apparaissent.

La deuxième étape : transformer cette connaissance de soi en choix stratégiques

Faire ce travail d’introspection est essentiel mais il existe un piège : s’arrêter là.

Vous pouvez parfaitement connaître votre raison d’être, avoir identifié vos cinq valeurs principales et comprendre vos talents… et continuer à avoir un business complètement générique.

Parce que l’introspection n’est que la matière première : il faut ensuite la transformer.

Votre raison d’être doit influencer votre vision et votre positionnement.

Votre zone de talents doit nourrir votre différenciation, votre méthode ou vos offres.

Vos valeurs peuvent devenir des principes concrets d’expérience client, de communication et de fonctionnement.

Votre personnalité peut influencer votre ton de voix et votre identité visuelle.

Votre parcours peut nourrir votre storytelling et vos prises de parole.

Il faut enquêter, faire le tri, choisir une direction, puis traduire cette matière en mots, en signes, en offres et en actions concrètes. Une marque forte ne consiste pas à tout montrer : elle consiste à identifier ce qui est réellement singulier, pertinent pour votre cible et suffisamment fort pour mériter d’être mis en avant.

Vous n’avez pas besoin de devenir quelqu’un d’autre pour vous différencier

Quand un marché devient saturé, le premier réflexe consiste souvent à regarder ce que font les autres.

Quels sont les codes du secteur ? Quelles couleurs utilisent-ils ? Comment se présentent-ils ? Quels contenus fonctionnent ? Quelles offres vendent-ils ?

Cette exploration est utile. Mais à force de regarder autour de vous, vous risquez surtout de construire une meilleure version… de ce qui existe déjà.

Alors que vous possédez une source de différenciation beaucoup plus difficile à copier : vous ! Votre combinaison de parcours, de talents, de convictions, de personnalité et de manière de voir votre métier n’appartient qu’à vous.

Qu’est-ce qui est profondément vous ? Qu’est-ce qui apporte réellement quelque chose à vos clients ? Qu’est-ce qui peut vous différencier ? Et enfin : comment allez-vous le rendre visible ?

Avant de chercher à rendre votre image plus belle, plus professionnelle ou plus visible, commencez donc par chercher ce qui mérite vraiment d’être vu.

Ce n’est pas en ajoutant quelque chose que l’on devient unique. C’est en révélant ce qui était déjà là.